
Les moins de 15 ans sont une génération « clics » et les rois du « scrolling ». Leurs réseaux préférés sont Whatsapp, TikTok, Instagram, Youtube et Snapchat ; ces deux derniers étant leurs favoris. Il est évident que ces plateformes peuvent être un moyen pour harceler ou être sources de troubles mentaux, d’addiction et de dépendance si les ados les utilisent de façon excessive. En revanche, dans le cas d’une privation totale, le blog Yogimag s’est demandé quelles sont les conséquences de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans sur le plan psychologique, social et culturel.
Les réseaux sociaux et les ados
Les réseaux sociaux sont des plateformes d’informations, d’actualités, d’échanges et de communication. Les ados interagissent sur ces plateformes sociales en fonction de leurs attraits, de leurs goûts et de leurs intérêts communs. Ils s’informent, se construisent et se font leurs propres idées en toute liberté à l’identique des années 1980 où leurs parents ouvraient des livres pour se documenter.
Les jeunes générations sont nées avec ces nouveaux moyens de communications digitaux. Leur privation soudaine sera similaire à celle d’enlever un doudou à un enfant et pourrait avoir l’effet d’une « bombe » à retardement. Le monde médical et psychiatrique dénonce les effets néfastes des réseaux sur les ados. Néanmoins, il est temps d’anticiper et surtout de réfléchir aux conséquences directes et psychologiques de priver leurs accès à ces générations conditionnées aux écrans.
Les réseaux sociaux seraient-ils une fausse excuse pour priver les ados d’écrans ?
Selon l’APHP, la dépression nerveuse caractérisée chez les adolescents serait passée de 2% en 2014 à 9% en 2021. Cette assistance publique mettrait en avant l’abus des réseaux sociaux. Cependant, cette hausse de taux ne serait-elle pas plutôt liée aux confinements et à la privation de liberté de nos jeunes pendant les confinements de 2020 et 2021 ? En effet, les jeunes ont subi 4 mois d’enfermement sans voir leurs amis ni sans possibilité de prendre l’air ou se dépenser physiquement. La vraie réponse à leur mal-être ne serait-elle pas celle-ci ?
En 2025, ils sont 25% en situation de dépression. Les réseaux sociaux sont mis en cause. Auraient-ils le dos large face aux épreuves stressantes que subissent nos jeunes générations à entendre parler de guerre depuis 2022, d’instabilité politique, de faillites d’entreprise, de parents se retrouvant sans emploi, à subir l’inflation, étant face à l’appauvrissement des familles ou à la dégradation de leur qualité de vie, etc… Enfin, d’un point de vue strictement psychologique, subir une détresse mentale ou un évènement traumatique peut demander plusieurs mois pour s’en remettre. En conséquence, confinements + faits de sociétés chroniques = détresse psychique des ados.
Un constat est clair : depuis trop d’années, le manque de moyens pour prendre en charge les enfants et les adolescents sur les plans psychiatriques et psychologiques ne tiendrait-il pas également une responsabilité majeure ? Nos adolescents ne seraient-ils pas victimes du déni de l’État et de la Commission Européenne ?
Les impacts psychologiques d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Nonobstant certains aspects négatifs des plateformes sociales sur la santé, les adolescents peuvent être amenés à naviguer sur les réseaux sociaux pour calmer leur eco-anxiété. Cette maladie psychologique fait partie des plus graves en terme de santé mentale depuis 2020 notamment concernant les jeunes générations. Les réseaux sociaux ne font pas qu’alarmer mais montrent également ce que les humains entreprennent pour lutter contre les phénomènes anxiogènes (naturels, économiques, environnementaux, etc).
Priver subitement les ados des réseaux sociaux pourrait mettre en péril leur santé mentale. En effet, ils pourraient se sentir punis voire se révolter. Cette nouvelle condition serait susceptible d’engendrer des angoisses, une anxiété croissante jusqu’à des dépressions nerveuses en masse. Cette destruction psychologique progressive sera liée aux mêmes réactions qu’un toxicomane privé de sa dose quotidienne sans aide ou qu’un patient interdit de sa dépendance à une substance médicamenteuse sans soins palliatifs.
Les conséquences sociales de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Souvenons-nous qu’heureusement les réseaux sociaux faisaient partie de la vie des moins de 15 ans pendant les confinements. Ils leur permettaient de continuer à communiquer et de rester connectés à leur cercle d’amis pour éviter de sombrer psychologiquement par leur privation de sortir. Par ailleurs, selon le site « kangourou kids », les réseaux sociaux permettent de renforcer les liens d’amitié.
Ne plus avoir accès aux réseaux sociaux, c’est priver toutes interactions sociales. Ce décret punitif prive les adolescents de leurs échanges et à nouveau de leur liberté. En 1980, les jeunes échangeaient des lettres et des photos. En 2020, les ados le font en mode digital. Dans les faits, rien n’a changé excepté le moyen, la rapidité d’envoi et de réception. Comment peut-on demander à des adolescents de rétrograder à l’ancienne à l’heure où le digital est mis en avant ?
De plus, l’adolescence est réputée être un moment phare pour développer son cercle social. En 2025, ce besoin d’avoir des amis et de la reconnaissance se fait au travers des nouvelles technologies digitales en sus de leurs activités physiques, scolaires et culturelles. Priver les adolescents de toute communication sur les réseaux sociaux pourrait être une erreur entravant leurs capacités de développement relationnel.
Vers la division des ados dans la transgression de la loi ?
Le gouvernement a oublié ce qu’est d’être ado : « interdire » le pousse à braver l’interdit. Une des conséquences d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans pourrait être de diviser les ados en deux camps. Ceux qui auront réussi à détourner l’interdit. Enfin, les autres qui se feront moquer d’eux pour être restés obéissants. Ces derniers pourraient subir des insultes voire des moqueries ou pire se faire harceler dans les lieux publics (scolaires, sport, rue, etc) par les ados ayant transgressé la loi. Cette interdiction de réseaux sociaux ne pourrait-elle pas activer une nouvelle forme de violence entre ados ?
Les retentissements culturels de priver les adolescents des réseaux sociaux
Nombreux adolescents parcourent les sites et plateformes pour avoir des réponses à leurs questions. Certains se cultivent en consultant l’actualité politique, économique, internationale, scientifique, etc… D’autres se découvrent au travers d’un attrait qui orientera leur future carrière professionnelle ou les conduira à des convictions environnementales et sociales.
Par ailleurs, les « lanceurs d’alerte » des réseaux sociaux peuvent également motiver les nouvelles générations à ne pas répéter les erreurs du passé. C’est le cas pour l’écologie, la pollution, les incendies estivaux, de certaines inondations liées à l’arrachage dans les années 60-80 des barrières naturelles formées par les arbres, etc… Les réseaux sociaux ne se résument plus à la notion d’échanges, ils ont évolué vers l’information, l’actualité et la prise de conscience.
Priver les moins de 15 ans de réseaux sociaux ne serait-il pas une forme d’abrutissement et d’appauvrissement intellectuel de ces tranches d’âge ?
Les contrecoups de la privation des réseaux sociaux sur le développement personnel des adolescents
L’enfant est caractérisé par sa soif de découverte. Les réseaux sociaux sont une source d’informations aux questions des ados. Certains abusant de la surexposition aux écrans ont développé des troubles mentaux, des troubles de l’humeur, une détérioration de l’attention. En revanche, les pré-ados sont sensibles à leur image et se sont toujours comparés aux autres. Dans les années 80, ils se comparaient aux photos dans les magazines, aujourd’hui ce sont des photos sur écran. Par ailleurs, le harcèlement a toujours existé. Aujourd’hui on parle de cyberharcèlement, hier c’était du harcèlement dans les lieux publics souvent avec violence. Le harcèlement est-il réellement un nouveau phénomène ou existe-t-il depuis toujours ? Les adultes connaissent la réponse.
La génération des moins de 15 ans a été éduquée avec les écrans. Même le ministère de l’éducation pousse aux écrans en fournissant des ordinateurs portables pour étudier dès la 6ème (12 ans) en lieu et place d’écrire et de tourner les pages des cahiers et des livres. En conséquence, le gouvernement ne peut se prévaloir de vouloir limiter le temps des ados sur les écrans .
Les ados seraient-ils victimes de la société ?
Ces nouvelles jeunes générations ont subi les interdictions de sortir et d’être libres pendant plusieurs mois pendant les confinements. Aujourd’hui on voudrait leur interdire l’accès aux réseaux sociaux. Les tranches d’âge de 4 à 15 ans ont été les plus fortement touchées. Le monde médical parlait déjà de dépressions nerveuses, de stress, d’anxiété chronique, de scarification, d’état mental dégradé en 2021. La violence a explosé au retour à la vie normale. En conséquence, les réseaux sociaux seraient-ils devenus un prétexte ?
Noircir les bienfaits des réseaux sociaux serait comme faire la politique de l’autruche avec des oeillères. En effet, ils sont bénéfiques pour maintenir les relations sociales, s’informer, s’engager, se documenter sur divers thèmes, interagir, grandir, se faire une opinion, s’ouvrir au monde et comprendre tous ses dangers pour s’en prémunir tout comme dans la vraie vie avec ses agressions croissantes.
De tout temps, l’alcool, la drogue ont été des fléaux pour les jeunes générations. Désormais on compterait les réseaux sociaux à leurs actifs. Néanmoins, n’y aurait-il pas une question à se poser ? Le manque d’éducation ne serait-il pas responsable des enfants et adolescents devenus « addicts » aux réseaux sociaux ? Est-ce au gouvernement de prendre le relais de l’éducation en lieu et place de l’autorité parentale ? N’est-ce pas pousser et éduquer les adolescents à désobéir à la loi, à trouver d’autres stratégies pour contourner cet interdit quitte à prendre « le gauche » quelles qu’en soient les conséquences.
Est-ce une bonne idée de fermer l’accès aux réseaux sociaux des moins de 15 ans ?
Il existe des outils pour contrôler la fréquentation des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. En effet, il suffirait que les parents s’ajoutent en « amis » pour contrôler les messages et intervenir en cas d’alerte malfaisante. C’est aussi aux parents d’instaurer des règles de vie : déterminer un temps quotidien comme on le fait pour la TV, pas de portable à table ou stop après 20 heures.
Il faut accompagner l’enfant dans ses premiers usages et encadrer l’ado au lieu d’interdire strictement le téléphone mobile et les réseaux sociaux. Enfin, il faut surveiller son adolescent sur des possibles changements de comportement et s’assurer qu’il échange avec des amis de la vraie vie ou sa famille.
En conclusion, pensez-vous que l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans soit bénéfique pour nos ados ? A vouloir tout contrôler, cette nouvelle loi ne provoquera-t-elle pas une souffrance psychologique générale de nos adolescents à l’échelle nationale voire européenne ? La privation est-elle productive pour éduquer la bonne conduite de nos ados ou est-elle un déclencheur de rébellion ? Les parents vont-ils supporter la charge mentale de leur ado à la suppression de leur compte sur les réseaux sociaux ?



