Les fonctionnaires ont des difficultés à être payés

Fin mai 2024, certains fonctionnaires n’ont toujours pas reçu leur paye ni leurs frais des mois de mars et d’avril 2024. Impossible de pallier aux besoins courants de la vie. Les agios bancaires s’accumulent depuis plus d’un an. Le gouvernement faute quant au règlement de la rémunération de ses salariés. Les fonctionnaires ont des difficultés à être payés depuis trop de mois.

Les fonctionnaires ont des difficultés à être payés les poussant à la ruine personnelle financière bien qu’ayant respecté leur contrat

Retard de paiement des traitements qui s’accumulent, difficultés à se faire payer, sanction si le fonctionnaire fait des réclamations quant au règlement de son salaire, impossibilité à faire vivre sa famille, insolvabilité pour payer son loyer… Trop de fonctionnaires vivent cet enfer. Tout est réuni pour ne plus vouloir travailler dans la fonction publique. Quel que soit le corps de métier dans les administrations régaliennes, trop nombreux rencontrent des difficultés pour être payés dans les temps obligatoires.

Les obligations des employeurs quant à la rémunération de leurs salariés

Dans le secteur privé, un chef d’entreprise qui ne rémunère pas ses collaborateurs finit au prud’hommes. Le gouvernement fait des recommandations en cas d’impayé dans le privé : « Votre salaire est versé obligatoirement 1 fois par mois« …

Il ne met pas en application ses écrits. Nous sommes en droit de se demander pourquoi l’administration rencontre des problèmes à rémunérer ses fonctionnaires. Faut-il saisir le tribunal administratif pour percevoir sa rémunération dans les temps impartis lorsque l’on est salarié de l’État ?

Les fonctionnaires poussés à la banqueroute personnelle

Le retard des paiements de certains fonctionnaires les poussent à la faillite financière personnelle. Non seulement certains fonctionnaires ne touchent pas leur rémunération mais ils doivent avancer leurs frais sur plusieurs mois sans compter qu’ils apprennent qu’ils risquent d’être décatégorisés. Salaires à retardement, projet de disparition de la hiérarchie, salaires inférieurs au privé : sont-ce les raisons pour laquelle l’administration peine à recruter désormais ?

L’État force ses employés à avancer leur non-rémunération au détriment de leur bien-être et de leur droit à la pleine jouissance du paiement de leurs traitements dus. Certains fonctionnaires vivent dans un stress quotidien démotivés du fait de leur non-rémunération. D’autres sont en arrêt de travail car ils ont craqué ou finissent par se syndicaliser pour se défendre.

Quel salarié accepterait ces conditions ? Pourquoi les médias ne communiquent pas sur ce mal-être de certains fonctionnaires ?

Suite de mon enquête sur la régularisation des salaires des fonctionnaires

Juillet 2026

Je reprends contact avec les fonctionnaires qui souhaitent rester anonymes avec qui j’étais en relation pour connaître l’avancement de la dette de leur employeur (le gouvernement) à leur encontre. En juillet 2026, je découvre que certains se plaignent de frais de mutation non remboursés depuis 2025, d’autres de la non-restitution de leurs impôts prélevés à la source depuis septembre 2025 pour des montants vertigineux et de nouveaux affirment ne pas avoir perçu leur salaire de décembre 2025 ! Une poignée est menacée de procédure d’expulsion de leur logement pour ne pas pouvoir honorer leur loyer. D’autres m’avouent avoir été obligés de se séparer de leur chien pour ne plus pouvoir l’assumer notamment pour le nourrir. Certains parents me confirment qu’ils se privent de repas pour nourrir leurs enfants.

Si je comprends bien, certains salariés de l’État travaillent à perte au risque d’être en faillite personnelle et doivent se taire pour une clause de devoir de réserve bien que les clauses contractuelles ne soient plus respectées de la part de l’employeur ?! J’avoue être perplexe pour avoir dirigé dans le privé et avoir rémunéré mes salariés sans jamais faillir.

Enquête sur le web

Je décide de creuser le sujet.

Souffrance et travail écrit , « Fin 2017, le nombre d’heures supplémentaires non récupérées par les personnels de la police nationale et non indemnisées s’élevait à 21,82 millions d’heures. Une situation aggravée par la menace terroriste et la crise des «gilets jaunes»« .

En 2020, P. Allizard reconnaît que « les heures supplémentaires constituent, pour l’ensemble des administrations, une facilité de gestion appréciée, certaines d’entre-elles accumulent, au préjudice des agents, les volumes d’heures supplémentaires qui ne sont ni récupérées ni indemnisées« . En somme malgré l’inflation, d’après Vocation service publique, les fonctionnaires ont leur salaire gelé depuis le 1er juillet 2023.

Selon l’article de TF1Info en mai 2021, « on observe qu’elle pose des problèmes depuis de nombreuses années. Malgré plusieurs plans d’indemnisations, les autorités reconnaissent que près de 20 millions d’heures supplémentaires sont accumulées« .

FA Territoriale écrivait en janvier 2025 : « La précarisation des agents publics devient une réalité alarmante. Sur les 9 premiers mois de 2024, les statistiques ont montré une augmentation de 8% des dépôts de dossiers de surendettement« .

En janvier 2025, Capital déclarait : « la ministre des Comptes publics a en effet alerté sur la possibilité d’un défaut de paiement de la rémunération des fonctionnaires si la loi spéciale n’est pas remplacée par un budget. Le risque est de ne pas pouvoir garantir le fonctionnement normal de l’État et des services publics jusqu’à la fin de l’année et de ne pas être en capacité de tenir tous nos engagements, y compris vis-à-vis des agents publics« .

Dans son article du 8 juillet 2026, Weka écrit : « Bercy a exclu ce mercredi 8 juillet le principe d’une augmentation généralisée dans la fonction publique en 2026 pour des raisons budgétaires ». De surcroît, d’après CGT Ferc sup : « Pour chaque corps et grade, nous donnons le montant de la rémunération indiciaire (le traitement brut mensuel), si le point d’indice avait suivi l’indice des prix depuis l’an 2000 et depuis 2010. Depuis 2000, la perte est de 28,6%« .

Conclusion

Que se passe-t-il ? Ce qui m’étonne, c’est que peu de médias en font part. J’en déduis que tous les corps de métier régaliens sont touchés et qu’il ne fait pas bon d’avoir la casquette « fonctionnaire » depuis plusieurs années : enseignement, forces de l’ordre, douaniers, santé, etc. Afin de continuer mon enquête, je prends la décision de faire un point avec mes contacts à l’automne pour connaître l’avancement de leurs litiges et de vous en faire part.

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