
Je suis malade ? Certainement pas ! Les personnes atteintes d’anosognosie sont dans l’ignorance de leur propre maladie. Touchées par des troubles neurologiques et neuropsychologiques, elles sont victimes de neuro déficiences les empêchant de prendre conscience de leur état. Cette pathologie est également nommée l’agnosie des propres déficits. Qu’est-ce que c’est ? Découvrez nos explications pour l’affronter voire en guérir.
L’anosognosie : un trouble neurologique
Anosognosie vient de 3 termes grecs : « a » pour sans, « nosos » pour maladie et « gnosis » pour connaissance. En somme, cette pathologie signifie « ne pas avoir connaissance de sa maladie« . Joseph Babinski, neurologue français, fut le premier à s’intéresser à ce trouble en mettant en avant une lésion cérébrale dans les aires frontopariétales de l’hémisphère droit empêchant les malades se rendre compte de leur condition.
Les signes de l’anosognosie
Dans le cas de la maladie anosognosique, le patient peut ne pas être conscient ou minimise fermement sa pathologie. Dans la méconnaissance involontaire de son état, il fera fi de ne pas en avoir été informé voire prétendre que le corps médical fait une erreur de diagnostic.
Quelles sont les origines de l’anasognosie ?
- une tumeur cérébrale cancéreuse
- une lésion cérébrale
- un méningiome
- un AVC (accident vasculaire cérébrale)
- un traumatisme crânien
- un trouble cognitif
- une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer, la maladie d’Huntington, etc…
- troubles psychiatriques comme la schizophrénie ou la bipolarité
Les formes d’agnosie des propres déficits
- anosognosie légère : le patient admet sa maladie sous la production de preuves.
- anosognosie partielle : le malade reconnaît une partie de ses troubles mais dément certains autres.
- anosognosie sévère : c’est le refus catégorique de la pathologie dans sa globalité.
Sur le plan médical, 3 styles de déficits agnosiques
Il existe 3 styles de méconnaissance du malade face à son état anosognosique :
- anosognosie primaire : le patient fait une relation avec des déficits antérieurs à la maladie pour excuser son état.
- anosognosie secondaire : le malade est victime du mécanisme de l’auto-mensonge pour éradiquer l’idée de sa pathologie.
- anosognosie mnésique : la personne n’a pas conscience de ses difficultés cognitives comme la perte de mémoire.
Comment se soignent les troubles anosognosiques ?
Le principe de guérison d’un anosognosique se fait uniquement par voie thérapeutique. Plusieurs acteurs du monde médical et paramédical interagissent : psychologue, orthophoniste, kinésithérapeute, ergothérapeute, etc… Leurs actions conjointes vont tenter de corriger cette absence de conscience face à cette maladie neurologique. Néanmoins, dans le cas des troubles neurodégénératifs, le patient n’en guérit pas. En revanche, elle peut se résorber dans le cadre d’un AVC ou d’un traumatisme crânien. En conséquence, l’agnosie des propres déficits peut être atténuée voire guérie selon les cas cliniques.
Comment réagir face à un anosognosique ?
Il faut éviter la confrontation, ça ne ferait qu’empirer les choses. En tout premier lieu, il est fondamental de restaurer le dialogue pour déclencher un climat de confiance. Par ailleurs, il faut l’amener à la réflexion avec empathie pour qu’il puisse accepter son traitement thérapeutique. De plus, il est idéal de lui faire la démonstration que certains actes de la vie quotidienne peuvent lui être dangereux comme conduire ou vouloir se précipiter au risque de tomber, etc… Et l’amener à une certaine résilience pour l’amener sur la voie de la guérison.
Sources : Cerveau&Psycho « Babinski et la maladie de l’aveuglement », voir

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