AVC : Témoignage sur les signes d'un accident vasculaire cérébral

L’AVC est en forte augmentation selon les données de Santé Publique France (*1). Le taux de mortalité chez les hommes est plus élevé tandis que le nombre de décès est en diminution depuis les années 2000. En revanche, l’accident vasculaire cérébral est en nette augmentation chez les moins de 65 ans. Pour vous aider, à reconnaître les premiers symptômes de cette pathologie en hausse, le blog Yogimag a décidé d’interviewer Magalie sur les signes de son AVC. Nous la remercions pour son témoignage.

Témoignage d’un AVC

Faisait-il chaud quand vous avez fait votre accident vasculaire cérébral ?

« Oui en effet, c’était fin juillet, les températures étaient montées au-delà des 33°. D’ailleurs, j’ai lu que les canicules et fortes chaleurs augmentaient le risque d’AVC. D’après la Fondation Recherche Cardio-Vasculaire (*2), la déshydratation pourrait être l’un des facteurs responsables. Je cite : « la sueur fait perdre de l’eau au corps. Le sang devient plus épais, ce qui aide la formation de caillots ». De surcroît : « Les vaisseaux s’ouvrent pour rejeter la chaleur. Cela fatigue le cœur et perturbe la pression du sang dans le cerveau. » Ce qui vient corroborer que les fortes chaleurs modifient la tension artérielle. Par ailleurs, j’ai également lu dans world-stroke.org (*3), que le stress augmentait les risques cardiovasculaires pour favoriser les inflammations des vaisseaux sanguins localisés dans le cerveau et libérer des substances toxiques et nocives en cas de persistance. »

A quel moment de la journée avez-vous fait votre AVC ?

« C’était en milieu de matinée ».

Quels ont été les facteurs déclencheurs ?

« J’ai reçu un message harcelant de mon ex qui me poursuivait depuis des années. Puis, j’ai senti une fatigue soudaine et extrême. Je suis passée devant le miroir et j’ai trouvé mon visage bizarre sur le côté droit. Je me suis dit que ça allait se résorber et qu’après avoir pris une douche, je retrouverai la forme « faciale » ! »

Quels sont les signes qui vous ont mis en alerte ?

« Je m’affairais à faire diverses choses dans la maison et repassais régulièrement devant le miroir pour être inquiète. Puis mon oeil droit a commencé à avoir une forme particulière. La énième fois que je suis repassée devant ce fameux miroir, j’ai constaté qu’il s’était affaissé. »

Avez-vous ressenti une douleur ?

« Non aucune. Par contre au fil des minutes, mon visage se déformait. L’oeil a commencé à s’affaisser vers le bas, ma joue a suivi, puis ma bouche. Je sentais que quelque chose de grave arrivait mais j’ai voulu garder le contrôle de la situation et ne pas céder à la panique. »

Quels ont été les autres symptômes de votre AVC ?

« J’ai voulu prendre une casserole remplie d’eau et me suis aperçue que j’avais perdu la force dans mon bras droit puis celle de ma main. J’ai voulu fumer une cigarette. Ma main que je croyais devant ma bouche restait du côté de mon oreille droite. J’ai voulu me brosser les dents, ma brosse à dent partait à droite sans atteindre ma bouche. Puis, j’ai tenté de me brosser les cheveux pour être présentable, ma brosse n’atteignait pas mon crâne. Je criais à mon cerveau : aller tu vas y arriver, exécute ! J’ai compris que mon cerveau déformait les informations n’exécutant plus ce que je lui demandais. »

Qu’est-ce qui vous a fait le plus peur ?

« Il était 11h45 et j’ai voulu manger quelque chose au cas où je serais emmenée à l’hôpital. De fait, j’ai pris un oeuf dur. Au moment de déglutir, je me suis aperçue que mon larynx était figé et ne déglutissait plus. Mon coeur s’est mis à battre très fortement en panique. J’ai fermé les yeux pour tenter de garder mon calme et me suis fortement concentrée sur ma déglutition pour faire passer le jaune d’oeuf coincé dans ma gorge. Par chance, j’ai réussi autrement je pense que j’aurais pu mourir étouffée. »

Qui a appelé les secours ?

« C’est mon époux à qui j’avais caché depuis deux heures mon état qui, en revenant dans le salon s’est aperçu de la dégradation de ma santé. Il m’a obligée à faire le 15. J’ai eu le réflexe de m’enfuir pour me cacher à l’extérieur dans la forêt pour que l’on ne me retrouve pas. Les pompiers sont arrivés en 10 minutes comprenant l’urgence. »

Quels sont les exercices qu’ils vous ont fait faire pour valider la présomption d’AVC ?

« Ils sont arrivés très calmes et souriants pour ne pas m’inquiéter vu que j’étais en détresse et que je refusais de les rencontrer. Peut-être que compte tenu de l’attitude que j’avais digne d’un animal sauvage, ils percevaient que mon système cognitif était touché. C’était une équipe formidable. Ils m’ont demandé de décrire ce qu’il se passait. Volontairement, je ne leur ai pas parlé des problèmes de déglutition pour ne pas aggraver leurs doutes.

A la suite de ce, ils ont pris ma tension 21.1 et testé mon rythme cardiaque. Ils m’ont demandé de rester assise mais je me suis levée contre leur avis pour leur montrer que j’avais encore mes fonctions motrices. En troisième lieu, ils m’ont demandé de fermer les yeux et de toucher le bout de mon nez avec l’index gauche puis le droit à plusieurs reprises. Enfin, ils m’ont demandé d’écrire sur une feuille. J’étais incapable de tenir mon crayon de la main droite et par conséquent incapable d’écrire. C’est ainsi qu’ils ont compris l’urgence. »

Quand avez-vous eu la confirmation de votre accident vasculaire cérébral ?

« Pendant le trajet, ils attendaient une réponse pour savoir où me transporter. Quand j’ai su où ils m’emmenaient, j’ai pris mon portable comme je pouvais mais j’étais incapable d’écrire un message à mon époux car mes doigts partaient hors écran. Arrivés au CHR de Nantes, ils m’ont déposée et j’ai tout de suite été prise en charge pour passer une IRM. C’est lors de cet examen que j’ai eu confirmation de mon AVC. Ensuite j’ai été transférée dans le service d’urgence neurologique. « 

Que retenez-vous de votre prise en charge de santé liée à l’AVC ?

« J’ai eu affaire à des professionnels rompus à ce genre de pathologie grave qui ont su rester sereins. Ils me parlaient calmement et doucement avec un regard rassurant. Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, une équipe m’attendait, l’IRM était libre pour passer en priorité. Le personnel a été formidable, je tiens à le souligner à nouveau. »

Quels sont vos conseils pour éviter l’AVC ?

« En tout premier lieu, il y a les conseils lambdas que l’on connait tous pour nous être rabâchés par les instances gouvernementales. Mais je voudrais particulièrement insister sur des facteurs autres qui ne sont pas mis en avant comme le stress, les traumatismes chroniques et les fortes chaleurs qui sont de réels déclencheurs d’accident vasculaire cérébral. Mon vrai conseil pour éviter l’AVC est de réviser sa copie de vie, de fuir les situations et les personnes toxiques puis de s’orienter vers une existence plus paisible en évitant les chocs psychologiques à répétition. »

Merci à toi Magalie, le blog Yogimag te souhaite un bon rétablissement.

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Sources : (*1) Santé Publique France, (*2) Fondation Recherche Cardio-Vasculaire, (*3) world-stroke.org